mardi 18 mars 2014

Le Silence d'Amarine de Carole Duplessy Rousee

Béatrix Andrieu de Bazer, jeune parisienne fortunée,  aime se ressourcer dans la maison familiale de Saint Vaast la Hougue. 
Traumatisée par le décès de ses parents victimes d’un accident en pleine mer, elle retrouve le réconfort auprès de la gardienne des valeurs familiales, sa grand-mère Amarine.
Cependant, des recherches entreprises par un amant journaliste mettent à mal la famille Andrieu de Bazer. Il semblerait que l’acquisition de la bijouterie familiale se soit faite à partir d’argent spolié à une famille juive pendant la seconde guerre mondiale.

Si Béatrix réussit à collecter des bribes du passé par l’intermédiaire de la fragile Amarine, force de constater qu’elle devra mener l’enquête pour retrouver la vérité et la force de vivre autrement…
Carole Duplessy-Rousée affirme une nouvelle fois son talent d’écrivain romanesque Ces romans très contemporains s’inspirent de notre quotidien en évoquant des faits de société mais l’auteure à le talent de ne pas sombrer ni dans le pathos ni dans la caricature.
Avec « Le Silence d’Amarine », Le lecteur marche dans les pas de ceux qui ont participé à la terrible  opération Vent Printanier et se trouve happé par cette histoire familiale façonnée par l’Histoire…

Comment peut-on arriver à se construire sous le poids d’un secret familial ? Sommes-nous responsables du passé de nos parents ? Autant de questions traitées avec beaucoup d’humanité dans ce roman.

Au travers du quotidien d’Amarine, la maladie d’Alzheimer est évoquée avec beaucoup de pudeur.

Par ailleurs, les personnages secondaires viennent soutenir non seulement l’héroïne dans sa quête de la vérité mais sont autant de respiration pour le lecteur qui se voit entrainer de  Paris à New-York mais aussi de l’Ile de Beauté à Saint-Vaast la Hougue …

Parfois le silence est beaucoup plus bruyant que la parole, celui d’Amarine participe à un secret bien étrange…
 



Duplessy-Rousée, Carole   
Editions : Pygmalion
Parution:
12/03/2014              
Prix:
18,90 €
EAN:
9782756411118

jeudi 31 octobre 2013

Portraits croisés Carnets d'un photographe de presse charentais -Jean-Louis Lauté

 
Durant trente années Jean-Louis Lauté a tiré le portrait de nombreuses personnalités. Sans se payer leur tête, ce reporter photographe à La Charente Libre et à Sud Ouest, retrace son parcours journalistique au travers de nombreuses rencontres qui ont émaillé une vie riche en anecdotes dont le lecteur ne se lasse pas ...
 
De nombreux charentais se distinguent tels que Marcel Merkès et Paulette Merval, Bernard Lavalette, Roger Carel et Jacques Jouanneau  et Dominique Bagouet ...
 
Au fil de ces portraits croisés, j'ai apprécié non seulement l'œil du photographe mais aussi son talent à saisir le petit supplément d'âme du  sujet happé par l'argentique.
 
 

Ce sont près d'une centaine de photographies (93 précisément) qui relatent plus d'un quart de siècle de la petite mais aussi de la grande histoire du département.



Jean-Louis Lauté n'est pas seulement un photographe, un journaliste remarqué et remarquable, c'est aujourd'hui un passeur de mémoires...



Carnets d'un photographe de presse charentais par Jean Louis Lauté aux éditions Le Croît Vif : 22€
En vente auprès de l'auteur ( me contacter).
En savoir plus ICI

Le Destin d'Alice - Patrice Pelissier


           

1936

Henriette Denière est la mère de jumeaux : André et Alexandre fils d’un propriétaire d’un domaine viticole dans le Bordelais. Comme beaucoup de veuves de guerre, elle a suppléé à l’absence de son mari mort dans les tranchées.

D’une main de fer, en oubliant d’aimer ses enfants, elle a réussi à hisser son vin afin qu’il devienne une référence dans la région. Comme elle dirige ses affaires, elle interfère dans la vie sentimentale et la destinée de ses garçons.
Malgré l'appétence d'André pour le domaine viticole, elle choisit Alexandre pour lui assurer une descendance et la reprise des vignes.


C’est sans compter sur l’amour fou qu’éprouve Alexandre pour Alice, une jeune femme aux origines modestes, exerçant dans une maison de couture.  

Avec elle, il va organiser un départ pour l’Amérique afin de tourner la page d'une vie imposée  et vivre ses rêves d’aventures et de conquêtes…


1946

Dix années ont passé durant lesquelles la petite couturière orpheline n’a pas été épargnée. Le rêve américain a rapidement tourné au cauchemar puisque seulement effleuré de la pointe du cœur. Toutefois, elle n'a pas manqué de courage pour affronter le présent et un avenir incertain.

Si la Providence lui a permis de rencontrer quelques personnes bienveillantes , elle dû aussi affronter le mal sous toutes ses formes. En voulant révéler l’existence d’un héritier chez les Denière, elle aura précipité sa chute…

L’enlèvement de son enfant, son internement dans un asile psychiatrique et une immersion au cœur de la Résistance où elle sera grièvement blessée font d’Alice une candidate parfaite à la résilience…

 *****

Ce roman s’articule entre deux décennies et deux époques : celle des traversées en paquebot, des congés payés et une période plus sombre avec l’impact de la seconde guerre mondiale entre résistance et collaboration. Patrice Pelissier s’est inspiré d’une histoire vraie (celle d'une lointaine parente) pour tracer le destin d’Alice. « Dire que j’ai été impressionné par ce qu’elle avait vécu est bien en dessous de la réalité… »

J'ai retrouvé avec grand plaisir la plume vive et alerte de l'auteur (cf Le testament noir).   Une fois encore,  tous les ingrédients du suspens sont réunis : personnages torturés par les non-dits, les secrets de famille ainsi que cette  ambiance macabre où la folie est en lévitation. Les flash back permettent au lecteur de mettre en ordre les nombreuses pièces de ce puzzle où quelques personnages (je vous laisse les trouver) sont complices de cette incroyable machination...

 Patrice Pélissier est le chef d'orchestre de cette incroyable partition. En donnant le ton, dès les premières lignes,  il a su rendre captif jusqu'à la dernière page, son lectorat qui ne ressortira pas indemne de cette étrange symphonie...

 
 
 
Plus sur l'auteur et le roman sur le site des Presses de la Cité. ICI

Septembre 2013
19,50 € - 252 p.

Merci à Laura Bisulli, attachée de presse,  pour sa confiance depuis maintenant 4 ans...

mercredi 30 octobre 2013

7ème salon du livre d'Ozoir...



En 2009, déjà quatre ans, j'arpentais les allées du 3ème salon du livre d'Ozoir La Ferrière située dans la très jolie ferme Pereire...



 
Cette année, j'ai eu la chance de faire partie des invitées du salon avec mon recueil " Les Dames du Chemin " en lice pour le prix Ozoir'elles 2013...

 
Je remercie Luc-Michel Fouassier pour son invitation car  j'avoue cette journée fut parfaitement réussie.  Joie de revoir des ami(e)s, de rencontrer et de croiser des auteurs médiatiquement connus que j'admire pour la qualité de leurs écrits (Michel Quint, Philippe Toussaint, Christian Oster),




retrouver des auteur(e)s passionné(e)s et leurs éditeurs présents que j'ai eu le plaisir d'interviewer pour quelques uns au micro de l'émission Le LIRE et le DIRE sur 106.3...

Rencontrer la gagnante , Manon Moreau, du prix Ozoir'elles,


touchée par son naturel, sa fraîcheur et son enthousiasme pour Les Dames du Chemin qu'elle souhaite offrir à un être cher à son cœur...



Un grand bravo pour sa "Suzanne aux yeux noirs..."
et un grand merci aux lectrices d'Ozoir pour leur confiance et leurs petits mots lors de cette journée et toujours ce plaisir de voir Les Dames du Chemin s'émanciper...

D'autres clichés ici

Mes remerciements vont aussi à toute l'équipe municipale d'Ozoir pour leur chaleureux accueil, et à tous ceux et toutes celles qui ont fait le déplacement !
 

samedi 31 août 2013

LA PAGE BLANCHE BOULET et PENELOPE BAGIEU

©Delcourt 2012 Roussel/Bagieu
 
 
Une fois n'est pas coutume, un coup de cœur pour cette Bande Dessinée sur le thème de la mémoire qui nous fait défaut et de cette quête identitaire qui nous poursuit selon  les étapes de notre vie.
Eloïse a tout oublié de son passé et va essayer de dénouer les fils qui la relient avec le monde extérieur.
Ces recherches vont la mener sur les traces de son enfance, lui faire prendre conscience des vraies valeurs et surtout qu'en voulant se confondre dans la norme, on en oublie à vivre tout simplement.
 
J'ai beaucoup aimé l'acte final : celui de remettre le curseur sur zéro  afin de devenir pleinement soi même avant de vouloir devenir quelqu'un...




Scénario :
  • Bagieu, Pénélope
  • Bagieu, Pénélope
  • 01/2012 (Parution le 18/01/2012)
  • 12/2011
  • Delcourt
  • Mirages
  • Autre format
  • 978-2-7560-2672-5
  • 158

  • vendredi 26 juillet 2013

    ET L'ETE LES EMPORTA ...Annie MULLENBACH




    Annie Mullenbach est revenue sur les traces de sa petite enfance, dans un village de l’Oise, à Château-Rouge plus précisément. Avec émotion, elle va faire le chemin à l’envers sur les lieux où les murs gardent encore les stigmates de la répression allemande. La terre a bu le sang des hommes, la colère s’est consumée mais le souvenir reste même SI « on crut qu’elle avait tout oublié ».


    « C’est oublié que les enfants enregistrent tout peu importe leur âge. C’était oublier que les souvenirs ressurgissent toujours, et peu importe le moment ».

    Château Rouge c'est aussi  l’accueil bienveillant des cousins de ses parents. La cuisine de la ferme qui sent le lait, les pommes fermentées et les cendres refroidies. Une sensation d’être un oiseau épris de liberté, les pieds nus chatouillés par les herbes folles et un petit corps ensaché dans des robes taillées dans celles de sa maman…

    Un endroit idyllique pour s’éveiller et grandir mais surtout reprendre des forces et calmer des nuits agitées. L’époque n’est pas à la sérénité. Annie est née en 1943 dans la tourmente de la guerre, enfant longuement désirée d’un couple dont le destin est comme suspendu à un fil celui de la vie de tous les réfugiés.


    L’année 1943 vit l’imposition du STO, service du travail obligatoire. Travailler pour les Allemands et en Allemagne, Lucien s’y refusait. En 1944, la pression s’accrut et il partit de plus en plus fréquemment se cacher dans la forêt proche pour échapper au recrutement.

    Il y avait occupation. Il y avait aussi résistance.

    "27 août 1944. A Château-Rouge, petit village de l’Oise, le soleil se lève sur une journée d’été, un dimanche comme un autre où les hommes auraient pu prendre le temps de faire un brin de toilette, un nouveau tablier pour les femmes, un bout de ruban dans les cheveux des jeunes filles, les enfants récurés de frais dans les baquets près de la pompe. Un dimanche où les croyants, et même les moins croyants, seraient allés jusqu’à l’église, prier, en toute bonne foi ou à tout hasard, prier pour la paix.

    Mais c’est la guerre, les troupes alliées, fraîchement débarquées en Normandie, peinent à avancer et partout de nombreux maquis se constituent pour hâter la libération du territoire. Aux actions de résistance répondent les représailles de l’occupant."


    L'auteur au travers de 130 pages déroule le fil des évènements qui va conduire à l'irréparable. Elle évoque tour à tour la vie de ses parents mais aussi celle des habitants de Chateau Rouge : Emile et le cliquetis de ses aiguilles à tricoter, les amoureux Roger et Lucie, le photographe André de Salle... "une longue litanie d'hommes et de femmes marquée par ce matin du 27 août 1944".
    La résistance n'est pas un jeu d'enfants et les représailles seront terribles pour ce petit village libéré 4 jours plus tard par les Américains...

    Dans ce roman à l’écriture empathique et au style limpide, l’auteur œuvre pour le devoir de mémoire avant que les noms gravés sur la pierre ne disparaissent, avant qu’il n’y ait plus personne pour se souvenir.

    "Et l'été les emporta", une histoire dans l'Histoire qui continue de nous poursuivre au delà de la dernière page...


    ET L'ETE LES EMPORTA
    De Annie MULLENBACH
    Editions du Banc d'Arguin - Collection : LIVRES - septembre 2012
    18€






    

    dimanche 7 juillet 2013

    D'aussi vastes déserts Alain Emery

     
     
    Dans ce recueil de sept longues nouvelles, j'ai retrouvé l'auteur de "Divines Antilopes"  édité en 2009 aux Editions LA TOUR D'OYSEL.
     
    Alain Emery revêt l'habit du conteur à la bougie. C'est l'ami que nous attendons depuis longtemps et qui nous ouvre la nuit avec quelques histoires sorties de son chapeau....
     
    Fort de son sens de la formule : "Le premier client est toujours un prince. Je l'accueille comme tel, avec ce qu'il faut de cérémonie et de reconnaissance", l'auteur nous emmène dans la destinée de chacun de ses personnages ballotés sans ménagements dans le tourment de leurs existences.
     
    Il nous prend à témoin, suscite de notre part de l'étonnement, du questionnement mais ne se laisse pas pour autant interrompre : c'est lui le maître du 'Je'...
     
    De "la Pointe" à "La Folie Douce", du "Galion" à "la Cambuse", le décor est planté avec ce qu'il faut de mystère et de suspense. Le lecteur ne peut se dérober. Il  est devenu captif de chaque histoire.
     
    Si quelques noms peuvent passer à la trappe, les visages et leurs expressions demeurent gravés dans nos mémoires...Autant de clichés en noir et blanc qui occuperont encore longtemps nos nuits sans sommeils.
     
    "D'aussi vastes déserts", un recueil où malgré la mélancolie et le sordide on peut encore trouver de la grâce et de l'espérance.
     
       
     
    D'aussi vastes déserts Alain Emery
    ISBN 978-2-915885-05-7
    140 x 220 mm
    170 pages
    14.00 EUR